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L'herbier secret de Giverny, Monet et Hoschedé en botanistes

11 Juillet 2020 - 15 Novembre 2020
L'herbier secret de Giverny, Monet et Hoschedé en botanistes

Depuis son installation en 1888 à sa mort en 1926, Claude Monet passe quarante-trois années à Giverny soit la moitié de sa vie. Les célèbres séries qu’il y réalise, Peupliers, Meules, placent d’emblée son œuvre sous le signe du végétal. Cette nature saisie dans les campagnes environnantes va se rapprocher du peintre qui se lance avec passion dans l’aménagement d’un jardin exceptionnel. L’image d’un Claude Monet en jardinier, chapeau de paille ou de feutre vissé sur la tête se complète d’une nouvelle vision que celle immortalisée par Sacha Guitry dans Ceux de chez nous (1915), qui montre l’artiste en notable, sanglé dans un costume blanc trois pièces, peignant au bord de l’étang des nymphéas. Ces deux visions se complètent d’une troisième, jusqu’ici méconnue : Monet botaniste. Cette vision nous est donnée non pas par la photographie, mais par de véritables planches d’herbier récoltées à Giverny dans les années 90 par son beau-fils, Jean-Pierre Hoschedé (1877-1961), parfois présenté comme son fils naturel. Né du mariage d’Alice et Ernest Hoschedé, Jean-Pierre précède de peu le second fils de Claude et Camille Monet, Michel, né en 1878 et décédé accidentellement quelques années après son aîné en 1966. De nombreux dessins et tableaux du peintre attestent de la proximité des deux enfants qui habitent sous le même toit dès leur petite enfance, avant même l’installation à Giverny. La vie de Jean-Pierre Hoschedé a jusqu’ici été très peu étudiée, contrairement à celle de sa sœur Blanche, peintre elle-même, qui a accompagné Claude Monet jusqu’à ses derniers instants, et habité la propriété de Giverny jusqu’à sa mort en 1941. Proclamé membre de la Société botanique de France en 1901, JeanPierre Hoschedé va se livrer en duo avec l’abbé Toussaint à l’étude de la végétation Normande, suivant la voie ouverte par Louis Corbière, premier auteur d’une Flore de Normandie. Les deux comparses constituent un herbier et réalisent des échanges avec les botanistes régionaux de leur temps. On retrouve ainsi des planches à Cherbourg, Paris et Strasbourg. 

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Claude Monet, Champ de coquelicots, environ de Giverny, 1885, Huile sur toile, Musée des Beaux-Arts de Rouen.

Il est remarquable de noter que nombreuses sont les planches de cet herbier à être récoltées dans le jardin de Giverny. Jean-Pierre Hoschedé publie un spécimen de coquelicot atypique, finement baptisé du nom scientifique papaver moneti, dont il attribue la découverte à Claude Monet, « peintre bien connu » et « fleuriste distingué ». En partant de ces spécimens, et en les confrontant aux œuvres peintes par Claude Monet et Blanche Hoschedé – Monet, cette exposition entend mettre en évidence le microcosme savant qui entoure les deux artistes. Il apparaît que Claude Monet lui-même collecta les plantes de son jardin et constitua des herbiers, témoignant ainsi d’une compréhension poussée du règne végétal qui éclaire d’un jour nouveau la peinture. 

Pour plus d'information : https://impressionnisme-musees-metropolitains.fr/fr

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