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Tête Maorie

Tête Maorie

Pour en savoir plus :
La tête maorie d'année en année

 

En travaillant sur ses collections ethnographiques, l’équipe du Muséum de Rouen  redécouvre une tête tatouée maorie en 2006. Ne souhaitant ni la présenter, ni la conserver, le muséum avec l’appui de la ville de Rouen entame à partir de 2007 une démarche de restitution de cette tête tatouée à la Nouvelle-Zélande, afin que celle-ci soit inhumée sur sa terre d’origine. Cette démarche répondant ainsi aux demandes internationales des Maoris et de la Nouvelle-Zélande, s’inscrit totalement dans la logique du Muséum Durable et Responsable.

C’est une première en France, soutenue par Mme Valérie Pécresse, Ministre de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche mais bloquée par Mme Christine Albanel, Ministre de la Culture, fin 2007. Un projet de loi est déposé et soutenu par l’ensemble des élus rouennais. Cette loi permettant la restitution de toutes les têtes maories détenues dans les musées français est votée à l’unanimité au Sénat en 2009, finalement soutenue par M Frédéric Mitterrand, nouveau Ministre de la Culture,  et l’Assemblée Nationale en 2010.

Le Muséum de Rouen restitue la tête maorie qu’il détenait depuis 1875 à la Nouvelle-Zélande en mai 2011.

Les autres musées français restituent leurs têtes maories en janvier 2012.

Au-delà de la polémique suscitée dans le monde des Musées, la démarche du muséum de Rouen est intéressante à plus d’un titre. Elle montre que :

-          Les musées détiennent de nombreux restes humains sous toutes les formes et de toutes origines.

-          Certains de ces restes peuvent être issus de trafics barbares ayant entrainé la mort de personnes pour alimenter les musées du 19me siècle. Ce qui est le cas des têtes maories.

-          L’exposition, la conservation des restes humains au sein des musées soulèvent de nombreuses questions.

-          En 2007, aucun texte de loi régissant les musées et le patrimoine n’aborde le statut juridique des restes humains.

-          En 2007, au-delà du monde des musées, aucun texte de loi au sens large n’aborde le statut juridique des restes humains.

-          Cette absence de statut juridique du reste humain est l’illustration parfaite de questionnements beaucoup plus larges concernant le regard que notre société pose sur la mort, le début et la fin de vie et tous les débats qui l’animent régulièrement.

-          Enfin, cette démarche questionne sur la légitimité des peuples autochtones et leurs revendications, qui ne sont pas toujours prises en compte, alors qu’elles font l’objet de lois internationales sous l’égide de l’UNESCO.

 

La démarche du Muséum a abouti à une loi permettant la restitution des têtes maories des musées français à la Nouvelle-Zélande. Elle a alimenté les débats parlementaires permettant l’inscription dans le Code Civil d’un article statuant sur la protection de la dépouille et du cadavre en 2008.

La démarche du Muséum de Rouen a été saluée par l’UNESCO.

Enfin, elle inscrit le Muséum de Rouen dans une logique durable et responsable qui se poursuit aujourd’hui, notamment par le travail de coopération avec les peuples autochtones et la valorisation des collections ethnographiques au sein de la Galerie des Continents.

 

La démarche de restitution de la tête Maori du Muséum de Rouen a donné lieu à plusieurs documentaires dont "La fabuleuse histoire de la tête Maori du Muséum de Rouen"
Synopsis

Le Muséum de Rouen vient de restituer une tête coupée maorie, conservée dans ses collections depuis 150 ans, à l’Institut Néo-Zélandais de Te Papa. » Derrière cette nouvelle d’apparence anodine, se cache en réalité le fil d’une fabuleuse histoire. Une histoire, qui puise ses origines dans les pires heures de la conquête coloniale, et qui est un résumé des relations philosophiques entre l’occident et les peuples autochtones au 19° siècle. Une histoire qui expose au grand jour la difficile question des restes humains conservés dans nos musées et de leur restitution devenue maintenant possible. Une histoire surtout, celle de l’opiniâtreté d’un directeur de musée à vouloir restituer une tête maorie et cinq années de bagarre politico administrative entre Paris et la province Une histoire enfin, celle de la longue reconquête de la dignité du peuple Maori de Nouvelle Zélande. Au total « La fabuleuse histoire de la tête Maorie du Muséum de Rouen » est un documentaire au sens le plus noble du terme : enquête journalistique inédite, qui débouche sur une réflexion morale approfondie, le tout en voyageant à travers le monde.

Prix obtenus

- Sélection au 23ème Rassegna Internazionale del Cinema Archeologico 2012

- Sélection pour la 10ème édition du Festival FIFO (Festival International du film documentaire Océanien) à Papeete Tahiti 2013


Pour regarder le Documentaire "La fabuleuse histoire de la tête Maori du Muséum de Rouen"

To watch the documentary "The fabulous story of a Mummified Maori Head of Rouen Museum"

 

Article "La restitution d'une tête Maori à la Nouvelle-Zélande" : colloque MuséoMuséum

Article dans la revue de l'Association Générale des Conservateurs des Collections Publiques de France

 

Dessin de Delphine Zigoni, 2009

©Muséum de Rouen

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